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Médical·02 · Conception · santé · voies alternatives·10 min de lecture

La fertilité masculine

Elle compte autant dans le projet : ce qui influence les spermatozoïdes, ce que l’on peut ajuster et quand consulter.

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Dans un projet de grossesse, l’attention se porte encore souvent sur le cycle et le corps féminin. Pourtant, la fertilité masculine compte dès le premier jour. La production, le nombre, la mobilité et la forme des spermatozoïdes peuvent être influencés par la santé, l’âge, certaines expositions et les habitudes de vie. S’en préoccuper n’est pas chercher un coupable, c’est partager réellement le projet.

Comment sont fabriqués les spermatozoïdes

Les spermatozoïdes sont produits dans les testicules sous le contrôle d’hormones, notamment la FSH et la testostérone. Ils mûrissent ensuite dans l’épididyme, puis se mélangent aux sécrétions de la prostate et des vésicules séminales pour former le sperme.

Cette fabrication se renouvelle continuellement mais prend du temps. Une fièvre importante, une exposition ou un changement d’habitude peut donc avoir un effet décalé. De la même manière, une amélioration du mode de vie n’est pas visible en quelques jours.

Une érection et une éjaculation normales ne renseignent pas sur la qualité du sperme. À l’inverse, un résultat de spermogramme perturbé ne dit pas à lui seul qu’une conception est impossible.

Ce que l’on observe dans le sperme

  • Le volume de l’éjaculat et ses caractéristiques générales
  • La concentration et le nombre total de spermatozoïdes
  • Leur mobilité, c’est-à-dire leur capacité à progresser
  • Leur morphologie, donc la proportion de formes considérées comme typiques
  • Leur vitalité et, selon la situation, la présence de signes d’infection

Ces paramètres varient naturellement d’un prélèvement à l’autre. C’est pourquoi une anomalie est généralement contrôlée sur un nouveau spermogramme avant toute conclusion.

L’âge masculin compte aussi

La fertilité masculine ne s’arrête pas à un âge précis, mais elle n’est pas constante toute la vie. Avec l’âge, certains paramètres du sperme peuvent se dégrader progressivement et le délai nécessaire pour concevoir peut augmenter.

Cette évolution est moins brutale que la baisse de la réserve ovarienne, ce qui explique qu’elle soit souvent oubliée. Elle mérite pourtant d’être intégrée au calendrier du couple, sans dramatiser ni faire reposer l’urgence sur une seule personne.

Ce qui peut altérer la fertilité masculine

  • Le tabac, qui peut altérer la qualité du sperme
  • L’alcool et les drogues, notamment le cannabis
  • Le surpoids ou l’obésité, associés à une altération de certains paramètres spermatiques
  • Les expositions répétées à une forte chaleur au niveau des testicules
  • Certains pesticides, solvants, polluants et perturbateurs endocriniens
  • Des infections sexuellement transmissibles, surtout lorsqu’elles ne sont pas traitées
  • Certains médicaments, traitements hormonaux, chimiothérapies ou radiothérapies
  • Des antécédents de testicule non descendu, de torsion, de traumatisme ou de chirurgie

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Arrêter de fumer, réduire puis éviter l’alcool pendant la période de conception, ne pas consommer de cannabis ou d’autres drogues, maintenir une activité physique régulière et prendre en charge une éventuelle maladie chronique bénéficient à la santé globale autant qu’à la fertilité.

Si votre travail vous expose à des pesticides, des solvants, des métaux, des rayonnements ou une chaleur importante, parlez-en au médecin du travail. Il peut évaluer les risques et proposer des mesures de protection sans que vous ayez à révéler votre projet à l’employeur.

Évitez les expositions prolongées et répétées qui chauffent directement les testicules. Il n’est toutefois pas nécessaire de transformer le quotidien en liste d’interdictions. La fertilité dépend de nombreux facteurs, et aucun geste isolé ne garantit un résultat.

Quand consulter

Il est utile d’en parler avant les essais en cas de testicule non descendu dans l’enfance, de torsion, d’intervention au niveau génital ou inguinal, de chimiothérapie, de radiothérapie, de maladie chronique, de traitement au long cours, de trouble persistant de l’érection ou de l’éjaculation.

En l’absence de facteur connu, un bilan d’infertilité est habituellement envisagé après douze mois de rapports réguliers sans contraception lorsque la partenaire qui ovule a moins de 35 ans. Il est proposé plus tôt, souvent après six mois, après 35 ans ou si l’un des partenaires présente un facteur de risque.

Le premier interlocuteur peut être le médecin traitant, un urologue, un andrologue ou une équipe de médecine de la reproduction. Le bilan concerne les deux partenaires, idéalement au même moment.

Le spermogramme, concrètement

Le spermogramme est réalisé dans un laboratoire spécialisé sur prescription médicale. Le sperme est recueilli par masturbation après une durée d’abstinence précisée par le laboratoire, souvent de trois à cinq jours. Les consignes d’hygiène, de délai et de recueil doivent être suivies pour que l’analyse soit interprétable.

Une fièvre récente peut perturber temporairement les résultats. Signalez aussi tous les médicaments pris. Si une anomalie apparaît, le médecin tient compte du contexte et demande généralement un contrôle avant de proposer d’autres examens.

Le résultat peut être difficile à vivre. Des termes comme oligospermie, asthénospermie ou tératospermie décrivent respectivement un nombre réduit, une mobilité diminuée ou une proportion importante de formes atypiques. Ils ne mesurent ni la virilité, ni la sexualité, ni la valeur d’une personne.

Préserver sa fertilité avant certains traitements

Une chimiothérapie, une radiothérapie ou certaines chirurgies peuvent altérer la production ou le passage des spermatozoïdes. Avant le traitement, l’équipe doit aborder les possibilités de préservation, le plus souvent par congélation de sperme ou, dans certaines situations, de tissu testiculaire.

Cette discussion doit avoir lieu avant le début du traitement lorsque le délai médical le permet. Si elle n’a pas été proposée, demandez rapidement un avis à l’équipe qui vous suit ou à un centre autorisé de conservation des gamètes.

À retenir
  1. La fertilité masculine fait partie du projet dès le départ, elle ne doit pas être explorée en dernier.
  2. Une érection et une éjaculation normales ne renseignent pas sur la qualité du sperme.
  3. L’âge, le tabac, l’alcool, le cannabis, la chaleur et certaines expositions peuvent influencer les spermatozoïdes.
  4. Les changements utiles agissent sur la durée, pas en quelques jours.
  5. Un spermogramme anormal doit souvent être contrôlé et ne constitue pas un verdict isolé.
  6. Un bilan d’infertilité concerne les deux partenaires, sans recherche de culpabilité.

Questions fréquentes

La fertilité masculine baisse-t-elle avec l’âge ?

Oui, de façon progressive et variable. Certains paramètres du sperme et les chances de conception peuvent diminuer avec l’âge. Il n’existe toutefois pas de date unique à partir de laquelle un homme deviendrait infertile.

Un spermogramme suffit-il pour savoir si je suis fertile ?

Non. Il décrit plusieurs paramètres du sperme à un moment donné. Son interprétation dépend du contexte du couple, et une anomalie est généralement contrôlée. Une grossesse peut survenir avec des valeurs perturbées, tandis qu’un spermogramme dans les normes ne garantit pas une conception.

Combien de temps après une fièvre faut-il attendre pour un spermogramme ?

Une fièvre peut modifier temporairement la production des spermatozoïdes. Prévenez le médecin et le laboratoire, qui vous indiqueront s’il faut reporter l’examen et de combien selon la date et l’intensité de l’épisode.

Les compléments alimentaires améliorent-ils le sperme ?

Aucun complément ne convient systématiquement à tous les hommes et certains produits sont mal dosés ou inutiles. Un médecin recherche d’abord les facteurs personnels et les éventuelles carences. N’utilisez pas de produit hormonal ou de testostérone sans avis spécialisé.

Pour aller plus loin

À lire, à écouter, à regarder

Des témoignages et des conversations pour compléter les informations médicales par l’expérience vécue des parcours de fertilité.

Podcasts
  • Bliss StoriesClémentine Galey

    Des témoignages sur l’infertilité et la PMA, utiles pour entendre ce que les examens et l’attente font vivre aux deux partenaires.

  • La MatrescenceClémentine Sarlat

    Des épisodes sur le désir d’enfant, les parcours de conception et leurs répercussions dans le couple.

  • PapatriarcatCédric Rostein

    Des échanges qui redonnent une place aux vécus masculins sans faire porter la fertilité uniquement sur la partenaire.

Sources

Sur quoi s’appuie cet article

  1. Haute Autorité de SantéSanté sexuelle et reproductive, fertilité et santé globale, infertilité en première intention https://www.has-sante.fr/jcms/p_3632767/fr/sante-preconceptionnelle-note-de-cadrage
  2. Assurance MaladieComprendre l’infertilité, définition et causes https://www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/concevoir-un-enfant/sterilite-pma-infertilite/comprendre-sterilite
  3. Assurance MaladieBilan médical de l’infertilité https://www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/concevoir-un-enfant/sterilite-pma-infertilite/bilan-medical-infertilite-sterilite
  4. Assurance MaladieConsulter avant d’être enceinte, la consultation préconceptionnelle https://www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/concevoir-un-enfant/consultation-et-mode-de-vie-en-vue-d-une-grossesse/avant-d-etre-enceinte-la-consultation-preconceptionnelle
  5. Agence de la biomédecineAssistance médicale à la procréation https://www.agence-biomedecine.fr/Assistance-medicale-a-la-procreation

Ces repères ne permettent pas d’évaluer seul la qualité du sperme ou les chances d’une grossesse. N’arrêtez pas un traitement et ne prenez pas d’hormones ou de compléments sans avis médical. En cas d’antécédent ou de difficulté à concevoir, consultez un médecin.