Le congé paternité
Durée, démarches, délais : comment le poser sans mauvaise surprise.
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Le congé paternité et d’accueil de l’enfant est depuis 2021 l’un des plus généreux d’Europe : 25 jours calendaires pour une naissance simple, dont 7 jours obligatoires. C’est un droit — et un temps qui compte réellement pour la suite. Voici comment le poser sans mauvaise surprise, et pourquoi il vaut le coup de le prendre en entier.
Ce qu’il faut savoir
Depuis le 1er juillet 2021, le congé paternité et d’accueil de l’enfant est de 25 jours calendaires pour une naissance simple (28 pour les jumeaux ou plus). Il s’ajoute aux 3 jours de congé de naissance à la charge de l’employeur — soit un total de 28 jours (31 en cas de naissance multiple).
Sur ces 25 jours de congé paternité, 4 jours suivent obligatoirement le congé de naissance (ils sont pris juste après la naissance), et 21 jours peuvent être pris en une seule fois ou fractionnés en deux périodes.
Le congé de naissance et les 4 jours obligatoires du congé paternité doivent être pris à la suite les uns des autres, immédiatement après la naissance. Les 21 jours restants doivent être posés dans les 6 mois suivant la naissance.
Qui a droit à ce congé
Le congé s’adresse au « second parent » — le nom du dispositif inclut désormais les couples de même sexe et les conjoints non biologiques.
- Le père de l’enfant (marié, pacsé, en union libre ou séparé de la mère)
- Le conjoint, concubin ou partenaire de PACS de la mère, qu’il soit ou non le père biologique
- Tout·e salarié·e (y compris CDD, intérim), quelle que soit son ancienneté
- Les travailleurs indépendants, avec des règles d’indemnisation adaptées
- Les demandeurs d’emploi indemnisés, sous conditions
Un·e fonctionnaire bénéficie des mêmes durées via son propre statut. Les modalités précises se vérifient auprès de la DRH.
Comment le poser
Vous devez prévenir votre employeur au moins un mois avant la date prévue du début du congé. Un simple courrier ou mail suffit — pas de formulaire imposé, mais gardez une trace écrite. Le mail doit préciser la date prévue du début et la durée envisagée (avec, si vous prévoyez de fractionner, les dates de chaque période).
Le mois de préavis est un minimum légal — vous n’êtes pas obligé de prévenir 3 mois à l’avance, mais votre équipe appréciera. Beaucoup de coparents préviennent leur employeur autour du 6ᵉ mois de grossesse, ce qui laisse le temps d’organiser le remplacement.
Votre employeur ne peut pas refuser un congé paternité. Il peut en revanche demander à ce que la deuxième période de fractionnement soit décalée, dans certaines limites — mais il ne peut pas s’opposer au principe du congé.
Comment il est indemnisé
Les 3 jours de congé de naissance sont payés par l’employeur (salaire maintenu). Les 25 jours de congé paternité sont indemnisés par la Sécurité sociale.
- Les indemnités journalières de la Sécurité sociale sont calculées sur les salaires bruts des 3 derniers mois
- Elles sont plafonnées (autour du plafond de la Sécurité sociale)
- Selon votre convention collective, l’employeur peut compléter les indemnités jusqu’au maintien intégral du salaire (à vérifier)
- Les indemnités ne sont versées que si vous cessez réellement toute activité professionnelle pendant le congé
- Le versement peut prendre plusieurs semaines après le début du congé — vérifiez votre trésorerie
Pourquoi le prendre entièrement
Beaucoup de coparents ne prennent qu’une partie du congé, soit parce que la charge de travail semble lourde à laisser, soit par pression implicite d’un environnement professionnel. C’est une erreur pour la suite.
Le mois qui suit la naissance est celui où la fatigue est maximale — pour vous deux —, où l’allaitement se met en place, où le rythme de la maison se réinvente. Votre présence physique dans cette période n’est pas un luxe : c’est ce qui vous installe comme parent au même titre que votre partenaire, et ce qui protège son post-partum.
Les études (INSEE, DREES, plusieurs travaux européens) montrent que les pères ou co-parents qui prennent l’intégralité de leur congé s’impliquent davantage dans les mois et années qui suivent — soins, cuisine, portage, RDV pédiatriques. C’est un investissement de temps qui rembourse largement.
Ce qu’on oublie souvent
- Vous ne pouvez pas travailler pendant le congé — même « juste répondre à un mail ». L’indemnité est conditionnée à un arrêt total.
- Vos congés payés continuent de s’acquérir pendant le congé paternité
- Le congé paternité est protecteur : votre employeur ne peut pas vous licencier pendant les 10 semaines suivant la naissance de l’enfant (sauf faute grave)
- Vous conservez vos avantages, y compris la mutuelle et la prévoyance
- Le fractionnement doit être respecté — deux périodes maximum, à des dates prévenues à l’avance
- Si votre partenaire déclenche prématurément, vous pouvez avancer votre congé sans nouveau préavis
Anticiper le retour au travail
Le retour au travail après le congé paternité mérite d’être posé à l’avance. Beaucoup de coparents rentrent avec un manque de sommeil massif, une organisation domestique instable et le sentiment d’avoir tout à porter côté maison. Anticiper deux ou trois éléments aide.
Si votre poste le permet, prévoyez un temps de travail allégé la première semaine (télétravail, journées courtes, reprise progressive). Discutez-en avec votre manager avant le congé — c’est plus facile à négocier posément qu’au retour, entre deux nuits blanches.
Prévoyez aussi les jalons post-congé : visite pédiatrique du 1er mois, visite postnatale de votre partenaire, éventuellement retour de PMI ou de sage-femme libérale. Vous ne pourrez pas tout accompagner, mais bloquer un ou deux de ces rendez-vous avant même le retour au bureau évite les négociations difficiles ensuite.
- 28 jours au total : 3 jours de naissance + 25 jours de congé paternité (32 pour naissance multiple).
- 7 jours obligatoires à prendre juste après la naissance ; 21 jours à poser dans les 6 mois.
- Prévenez votre employeur au moins un mois avant, par écrit avec preuve de dépôt.
- Cessation totale d’activité pendant le congé — pas de mail, pas d’appel.
- Prenez-le entièrement : c’est ce qui vous installe comme parent et protège le post-partum de votre partenaire.
- Anticipez le retour : reprise progressive si possible, jalons pédiatriques bloqués à l’avance.
Questions fréquentes
Quelle est la durée totale du congé paternité en France ?
Depuis le 1er juillet 2021, 28 jours calendaires au total pour une naissance simple : 3 jours de congé de naissance à la charge de l’employeur + 25 jours de congé paternité et d’accueil de l’enfant indemnisés par la Sécurité sociale. Sur ces 25 jours, 4 sont obligatoires juste après la naissance (soit 7 jours obligatoires en enchaînant congé de naissance et début du congé paternité). La durée est portée à 32 jours en cas de naissances multiples.
Combien de temps à l’avance faut-il prévenir son employeur ?
Au moins un mois avant la date prévue du début du congé. Le préavis se transmet par écrit — mail avec accusé de réception ou courrier recommandé — en précisant la date prévue et la durée envisagée. Beaucoup de coparents préviennent plus tôt (autour du 6ᵉ mois de grossesse) pour laisser à leur équipe le temps d’organiser le remplacement.
Puis-je fractionner mon congé paternité ?
Oui. Après les 7 jours obligatoires enchaînés à la naissance, les 21 jours restants peuvent être pris en une seule fois ou fractionnés en deux périodes maximum, à condition d’avoir été posées dans les 6 mois suivant la naissance de l’enfant. Chaque période doit être annoncée à l’employeur un mois à l’avance.
À lire, à écouter, à regarder
Références pratiques et récits pour bien poser le congé et en tirer le maximum.
- Le mois d’or — Céline Chadelat & Marie Mahé-Poulin
Sur les 40 jours qui suivent la naissance — un cadre pour utiliser vraiment le congé.
- Devenir père — Bernard This
Sur la place du père dans les premières semaines, à lire avant le congé.
- Papatriarcat — Yann Le Poulichet
Récits de pères qui témoignent de leur congé — usages, regrets, réussites.
- La Matrescence — Clémentine Sarlat
Épisodes sur le post-partum et la répartition des charges dans les premières semaines.
- Entre leurs mains — Céline Darmayan
Sur le rôle des sages-femmes libérales dans le suivi post-natal — un allié pendant le congé.
Sur quoi s’appuie cet article
- Service-public.fr — Congé de paternité et d’accueil de l’enfant https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F3156
- Assurance Maladie (Ameli) — Le congé paternité et d’accueil de l’enfant https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/famille/paternite-adoption/paternite
- Code du travail — Articles L1225-35 et suivants — Congé de paternité et d’accueil de l’enfant https://www.legifrance.gouv.fr/
- Les 1000 premiers jours — Congé paternité et accueil de l’enfant https://www.1000-premiers-jours.fr/
Ces contenus ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas de doute, adressez-vous à la sage-femme, au médecin ou à la gynécologue qui suit la grossesse.